ABOUT
Biographie
Originaire du Sud-Ouest de la France, Evangeline D grandit à la campagne, au rythme des saisons, et développe très tôt un lien profond avec la nature qui l’entoure. Observer les paysages, respirer le parfum des fleurs : autant de gestes simples, instinctifs, presque sacrés, qui deviennent pour elle, sa manière d’habiter le monde. Très tôt, la couleur éveille en elle une émotion intense et fondatrice. Son cœur s’anime déjà de la vibration silencieuse de la création marquant les premiers élans d’une sensibilité artistique profonde.
Formée à l’Histoire de l’Art et à l’Archéologie à la Sorbonne, elle développe une connaissance fine des grands mouvements artistiques et des civilisations anciennes. Ses années parisiennes, rythmées par la fréquentation assidue des musées et galeries d’art nourrissent sa réflexion et affinent son regard.
Elle poursuit un Master II en conservation-restauration du patrimoine où elle se forme à des techniques traditionnelles anciennes telles que la dorure et la fresque. Après l’obtention de son diplôme, sa quête de la matière la conduit en suivant à l’École Européenne de l’Art et des Matières, où elle découvre la technique du stucco, un enduit fin composé de chaux, poudre de marbre et pigments naturels. Immédiatement séduite par les textures et les nuances offertes par la chaux, à 29 ans elle réalise ses premières œuvres, s’appropriant ce matériau qui deviendra dès lors son médium de prédilection.
L’année suivante, elle franchit le seuil d’une galerie toulousaine, un tableau sous le bras. Ce sera sa première galerie, sa première exposition, sa première reconnaissance publique.
En parallèle de sa pratique personnelle, Evangeline D a travaillé au sein de musées français, où elle assurait la gestion de collections labellisées « Musée de France » et exerçait des fonctions de commissaire d’expositions contemporaines. Ces expériences, à la croisée de la conservation et de la création, ont enrichi sa vision de l’art, tout en approfondissant son rapport aux œuvres et aux artistes.
Aujourd’hui, son travail se déploie entre commandes privées en France et à l’international, expositions et transmission. Elle anime des ateliers ouverts à tous les publics (enfants, adultes, scolaires, personnes âgées) pensés comme des espaces de reconnexion à la matière, à soi, à l’émotion.
Démarche artistique
Pour Évangéline D, la matière est le point de départ. Elle la choisit pour ce qu’elle dit du monde : ses failles, ses silences, sa beauté brute. La chaux, la poudre de marbre, les terres naturelles, les charbons ou l’or ne sont pas pour elle de simples matériaux mais des voix qu’elle écoute et laisse parler. Chaque couche posée devient une strate de temps, un dépôt d’émotion. Sa pratique, empreinte de lenteur, de silence et de concentration, est profondément méditative.
Évangéline D ne copie pas le réel : elle en recueille les signes, les échos, les résonances. Son art se déploie comme une archéologie du sensible, où la lumière, les failles et les nuances racontent autant le monde que notre relation à lui.
La nature occupe une place centrale dans son œuvre. Depuis l’enfance, elle entretient avec elle un lien organique et profond. Steppes arides, déserts silencieux, sommets enneigés, brumes terrestres, falaises géantes ou étendues lacustres peuplent ses tableaux. La nature n’y est pas seulement un sujet, mais une présence vivante. Elle est célébrée dans sa puissance brute comme dans sa fragilité, comme un souffle permanent qui traverse toute l’œuvre.
Ses compositions invitent à la contemplation, au ralentissement, au recueillement. Beaucoup les décrivent comme apaisantes, tant elles ouvrent un espace de silence intérieur et de voyage immobile. La couleur y joue un rôle essentiel, notamment le bleu outremer, qu’elle affectionne pour sa profondeur vibrante et sa lumière intérieure. Ce bleu, réminiscence de ses voyages dans les Cyclades baignées de mer et de lumière, instaure un dialogue émotionnel entre matière, souvenir et sensation.
L’univers d’Évangéline D s’étend également à la création d’objets d’art, prolongement naturel de sa recherche. Ornés de peintures naturelles et d’or fin 24 carats, ses objets captent la lumière avec délicatesse et révèlent la poésie des formes organiques. Le travail de l’or, qu’elle décrit comme une expérience magique, quasi thérapeutique, participe de cette alchimie entre geste, matière et esprit.
Ses collages, enfin, prolongent cette démarche poétique et sensible. Assemblant fragments de papiers découpés ou déchirés, l’artiste redonne vie aux architectures endormies, temples antiques ou fresques disparues. Entre ruines imaginaires et vestiges réinventés, ces compositions deviennent des rêveries archéologiques, où l’Histoire et le mythe se mêlent à la sensibilité contemporaine, instaurant un dialogue subtil avec ses peintures et ses objets d’art.
La pratique artistique d’Évangéline D s’inscrit ainsi dans un dialogue constant entre matière et lumière, nature et mémoire, silence et émotion. Elle offre au spectateur un espace de reconnexion, où l’essentiel, ce qui ne se dit pas mais se ressent, trouve enfin un langage.

